Deux compères de vingt ans terrorisent des ménagères dans un parking, leur disent « casse-toi la vieille », intimident un couple de bourgeois sur la route des vacances, leur arrachent leur fille, leur voiture, et parviennent à convaincre la demoiselle de les mener jusqu’à la maison de campagne familiale. En arrivant dans ce pavillon forestier, après avoir commenté la décoration des lieux sur le ton du mépris dont les oisifs et les jouisseurs accablent ceux qui achètent leur confort à crédit, ils décident de “se taper la nana”, à tour de rôle avec son consentement lassé, il est vrai, ce qui permet de prétendre qu’on assiste à un déniaisement plutôt qu’à un viol, mais la limite est aussi mince qu’une pelure d’oignon. La scène entend illustrer que la jeunesse obéit à ses propres codes, lesquels prévalent toujours sur ceux des adultes, et qu’elle est, par définition, solidaire contre l’ordre établi.
Ce film, les Valseuses aura fonctionné pour toute une génération, la mienne, comme une invitation à la barbarie. Il prescrit à la jeunesse de s’affranchir de toute bienséance, par la menace si nécessaire, et nous montre des voyous abordant des gens ordinaires avec le sourire du tortionnaire.
Et alors? dira t-on. Quel est l'objet de ce tour de piste ? Il n'y en a pas d'autre, ce texte est fait pour être livré en pâture au robot indexeur de Google, afin qu'une autre vérité que le prêchi-prêcha obligatoire à propos de ce prétendu film-culte circule sur internet et finisse par ouvrir les yeux de la jeunesse de demain.